Retrouver ailleurs les pantoufles de chez soi.

Nous vivons dans un monde de plus en plus globalisé. Quoi ? J’invente l’eau tiède ? Oui mais pas que : nous commençons à considérer ce monde comme globale. Dans un sens, les structures s’organisent, s’unifient, d’uniformisent. D’accord. Mais notre esprit aussi, s’attend à retrouver ailleurs le confort de ce qu’il connait déjà ici.

J’en prend deux exemples que je viens de vivre à l’instant, et qui me concerne (règle numéro 1 : si on commence à critiquer le monde qui par en couilles, ayant l’élégance de s’inclure dans la critique).

L’art de faire le tour du monde pour espérer rentrer chez soi

Je sors d’avion (je sais, pollution/bilan carbone, mais bon, on en parlera plus tard). J’arrive dans ce pays où je n’ai jamais mis les pieds. Et mon premier réflexe, le premier !, Est de me dire :

Bon, où est ce qu’il y a un Starbucks ? J’ai bien envie d’un cappuccino.

Voilà. Pays inconnu, langue étrangère et mon premier réflexe est de replonger dans le réel et le hors de prix. Un cappuccino, dans son petit mug de faux carton. Et je l’ai pris. Premier exemple. Pour le deuxième, dans le stand où je sirote désormais mon café un anglais arrive et demande une bière (la préservation des clichés est un art, voilà pourquoi je ne me lave jamais et râle tout le temps quand je suis hors de France #humour). La serveuse lui apporte, et il râle (ce qui n’est plus vraiment anglais, j’en conviens), car elle n’est pas correctement topé (en gros, il y a trop de mousse, il demande plus de bière). En gros, il demandait ce que font généralement… Les pubs anglais. La serveuse l’a fait une fois, mal à ses yeux (ça se voyait litteralement dans ses yeux) mais son flegme anglais à repris le dessus pour ne rien dire.

Bref, deux exemples. Deux preuves que l’on s’attend à trouver ailleurs ce que l’on a chez soit. Et qu’il est hors de question d’accepter que les choses ne se fassent pas de la même manière, qu’on ne « top » pas les bières ou qu’on écrit correctement les prénoms.

Et le plus drôle…

Puis savez ce que c’est ? Je ne mets jamais les pieds dans un Starbucks quand je suis en France. Je déteste à peu près tout ce qui les concerne, des feuilles de plastique dans leur tasse en carton à leur capacité impressionnante à ne pas pouvoir écrire correctement un prénom qui, pourtant, s’écrit exactement comme il s’entend.

Mais de même que j’ai une vision de la France pleine de clichés, je me suis façonné une vision de la nom France, d’une zone internationale peu connue, nébuleuse, avec pour repères Saint Starbucks et maître KFC.

Preuves que les marques ont bien réussis leur boulot. Elles ont tous fait pour s’implanter un peu partout dans le monde et non, pauvres fous, nous y croyons.

Nous voulons encore voyager. Mais pas trop. Juste physiquement. Retombons vite sur nos pieds. Glissons dans nos estomacs ces boissons chaudes, amers et hors de prix qui nous rassurent tant. Dans chaque lieu, maintenant, chaque auberge de jeunesse, le plus important est de chatter avec nos proches. Envoyer des photos sur les Réseaux. Idéalement de lieux idéalement reconnus comme beaux ou célèbres. Célébrons cette plage au sable blond, même si nous je pouvons nous y baigner. Poussons la tour de Pise. Nous sommes dans un pays étranger, inconnu. Vite, faisons comme tout le monde ! Café, photo, filtre, smiley, #lifeisanadventure.

Un lien entre le film Ça 2 et le voyage ? Vraiment ?

Je ne savais pas si je pouvais faire un lien entre cet article et le précédent. En fait, si : le confort. Nous voulons la surprise, sans la déstabilisation. La surprise soft. Devant un film d’horreur, nous voulons sursauter quelque fois, mais passé la sortie de salle, nous souhaitons pouvoir nous regarder dans un miroir sans y voir un clown ou un tracteur (un tracteur peut être assez effrayant). Dans un voyage, nous voulons un dépaysement soigneusement calibré, la touche d’exotisme prévue, quelques imprévus soigneusement calculés mais bon sang, laissez moi faire pouce dans la découverte de l’autre et de sa culture, pour me prendre un latte quand je le souhaite. Il ne faudrait pas trop se frustrer ou se perdre dans l’inconnu, qui sait, on risquerait de se remettre en question et d’évoluer. Or on est parfait comme on est, non ? Je ne sais pas, toutes les pubs / magazines / livres de motivations me le disent. C’était le sujet d’un très vieil article de ce site. Ce sujet reviendra certainement ;).

Auteur : Antonin Atger

Ecrivain, mon livre Interfeel est disponible aux Editions Pocket Jeunesse : https://www.lisez.com/livre-grand-format/interfeel/9782266248280

3 réflexions sur « Retrouver ailleurs les pantoufles de chez soi. »

  1. Ah cette fameuse recherche du confort, de cette sensation de sécurité et de connu lorsqu’on voyage, je la connais bien! Pourtant, c’est en acceptant de sortir un peu de nos habitudes, que l’on fait les plus belles et les plus mémorables découvertes. Allez il n’y a qu’un pas!

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